Comment faire revenir les commerçants au sein des villes moyennes?

Comment faire revenir les commerçants au sein des villes moyennes?

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Le 27 mars dernier, suite au congrès des villes de France, 222 communes ont signé le plan « Cœur de ville ». Le gouvernement français va investir 5 milliards d’euros durant le quinquennat d’Emmanuel Macron pour lutter contre la désertification des centres villes. Comment ce plan va-t-il s’articuler ? Comment redonner vie aux centres villes et y faire revenir les commerçants ?

 

Les villes moyennes comptent de 30 000 à 50 000 habitants, rassemblent 23 % de la population française et 26 % de l’emploi. De plus, elles sont beaucoup plus confrontées à la pauvreté de ses occupants : 17,8%, contre 14,5% à l’échelle nationale.

 

Afin de redynamiser les villes moyennes, Cœur de ville a été mis en place. Ce plan va mobiliser 5 milliards d’euros sur cinq ans. Ce financement reposera sur des cofinancements : soit 1 milliard d’euros venant de la Caisse des dépôts en fonds propres, 700 millions d’euros en prêts, 1.5 milliards d’euros d’Action Logement et 1,2 milliard d’euros de l’Anah (agence nationale de l’habitat). D’autres ressources pourront venir compléter ces enveloppes de crédits.

 

Le but de cette action est que les villes moyennes cessent de perdent des habitants et même en regagnent. L’objectif affiché est, également, de redonner une vitalité commerciale aux centres-villes. .

 

Faire revenir les commerces au cœur des villes

L’étude de l’Institut pour la Ville et le Commerce a noté que le taux de vacance moyen ; c’est-à-dire le taux de baux commerciaux ;  (établi sur un panel de 190 villes en France) est passé de 6,1% en 2001 à 10,4% en 2015.

 

Cette même année, 55% des communes analysées ont un taux supérieur à 10%. Les villes les plus impactées sont Châtellerault, Béziers, Annonay et Forbach où plus de 20% de magasins sont fermés. Précisons que 7 % des villes moyennes n’ont plus aucun commerce. Mais ceci n’est pas une fatalité. « Les villes qui s’engageront dans ce programme de revitalisation du territoire bénéficieront d’une suppression du seuil d’autorisation d’exploitation commerciale » a déclaré Delphine Gény-Stephann, ex Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances. « Les porteurs de projets pourront ainsi plus facilement s’implanter ou étendre leur activité dans le cœur de ville.

 

D’après l’Institut pour la ville et le commerce, les dépenses des ménages sont aujourd’hui effectuées à 70% dans les zones périphériques. Pourtant, on sait que les riverains apprécient tout particulièrement faire leurs courses en centre-ville.

 

Selon le baromètre des centres villes (BVM), 63% des français sont attachés à leur centre-ville. Celui-ci se doit d’être un lieu convivial, où l’on peut se donner rendez-vous, faire du shopping, boire un verre dans un bar ou aller au restaurant. L’attractivité, tant au niveau de la ville que des commerces est donc de mise.

 

Jacques Lamblin, maire de Lunéville, revitalise son centre-ville depuis des années et, pour ce faire, a investi 25 millions : « C’est très important que l’espace public soit beau, bien fleuri, avec des pavages de qualité afin que le promeneur ait envie de se promener. Par ces actions, de nouvelles franchises se sont installées. Le taux de vacances est passé de 18 à 12% dans les rues les plus commerçantes de la ville, » explique-t-il.

 

Caroline Cailleux, maire de Beauvais dans l’Oise, a elle aussi intégré le projet Cœur de Ville et a déjà beaucoup de projet « Nous allons, par exemple, mettre 2 heures gratuites pour que les gens puissent se garer et faire leurs courses en toute tranquillité. Les commerçants vont alors pouvoir expliquer à leurs clients que dans le centre-ville de Beauvais on peut stationner, consommer et acheter. »

 

Helène L’host, la présidente de l’association des commerçants de Beauvais croient beaucoup en cet engagement : « Les gens n’attendent pas la même chose des boutiques que l’on trouve en centre-ville que ce que l’on peut trouver en périphérie. Les clients souhaitent un accueil, une proximité, des conseils. Mais pour cela, il faut qu’il y ait une certaine attractivité pour les attirer.

 

Sophie Madoun

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