Le boom du Click and Collect

Le boom du Click and Collect

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En France, un concept se multiplie dans les centres villes : le click and collect. Comment expliquer cet engouement ? Quel est l’apport pour les acteurs de la grande distribution et pour les consommateurs ? Eléments de réponse.

 

La montée du click and collect dans la grande distribution

Les consommateurs sont de plus en plus pressés et favorisent le click and collect, communément appelé drive piéton dans le créneau de la grande distribution. Pas moins de deux tiers des consommateurs estiment que faire leur courses dans un supermarché est une perte de temps que l’environnement y est déshumanisé, peu avenant et mal rangé.

 

Il en va de même pour des boutiques de mode (Zara, Chevignon, Lacoste,…) ou d’électroménager (Darty, La Fnac, Boulanger,…) où là, les consommateurs souvent actifs et pressés souhaitent aller au plus vite. Les retailers se tournent depuis quelques années vers le Phygital, qui crée une synergie entre les magasins physiques avec les boutiques en ligne ou l’omnicanal pour développer une expérience d’achat fluide au travers des différents circuits d’achats.

 

Ce mixte entre monde digital et physique simplifie et personnalise l’acte d’achat. Et ce concept rencontre un franc succès en France. Selon une étude Adyen de juin 2017, 39% des consommateurs français veulent commander en magasin et se faire livrer chez eux, 70% veulent payer via mobile en magasin, et 63% veulent tester le click and collect.

 

Le drive ou click and collect s’est développé dans la grande distribution depuis 2010, en France. Avec un chiffre d’affaires annuel de 4,5 milliards d’euros, le click and collect connaît un véritable essor.

 

Le principe est simple : le consommateur fait ses achats en ligne et quelques heures plus tard vient les chercher en magasin. D’après Nielsen TradeDimensions on comptait en mai 2018, 4421 sites drives, dont 3402 de click & drive conçus par les enseignes de la grande distribution où l’on trouve des bornes de retrait et des endroits pour garer son véhicule. Ces derniers sont soit adossés au supermarché, soit, se trouvent au sein d’entrepôts. En 2017, 323 click & drive ont été créés. Plus de 90% des supermarchés de plus de 7 500 m² ont adopté cette offre.

 

Un service gagnant/gagnant

C’est ainsi qu’un foyer sur quatre a déjà commandé et été chercher ses courses dans un drive. Pratique, facile, bénéficiant des mêmes avantages et promotions qu’en magasin en ligne, le click and collect permet aux consommateurs d’aller chercher leurs achats quelques heures après leur commande et de les retourner si besoin est.

 

Quant aux magasins en ligne, ils s’implantent grâce à leur point de retrait au sein des centres villes. Ce service permet de redynamiser ces derniers, trop souvent désertés. « Le consommateur n’aime pas le surcoût. Et la livraison coûte entre 15 et 20 euros. Le consommateur préfère se déplacer et ne pas payer ce genre de frais », explique Jean-Michel Ballaguert, groupement des Mousquetaires.

 

Les enseignes proposant du click and collect peuvent faire de réelles économies logistiques en faisant un maillage entre leur magasin physique, leur boutique en ligne et leur click and collect. D’ailleurs, selon Cora, ce dernier concept toucherait 60% de nouveaux clients : une manne pour amener les consommateurs à se rendre dans les magasins physiques pour d’autres produits et des choix nettement plus importants.

 

Daniel Ducrocq, Directeur Sales Force Activation chez Nielsen France conclue : « Le drive n’a pas encore atteint tout son potentiel, et les pistes sont nombreuses pour optimiser encore l’expérience consommateur : des promotions et un assortiment davantage en équation avec les attentes (plus d’innovations, plus de bio, des circuits plus courts…), une meilleure ergonomie des sites, mais aussi une réflexion sur les interactions avec les magasins physiques…».

 

Et à l’heure où de plus en plus de seniors (65 ans et +) se mettent à commander sur Internet (82% de cyberacheteurs en 2018, soit 17 points de plus en un an), le drive pourrait bien devenir une vraie solution pour nos aînés en perte d’autonomie.

 

Par Sophie Madoun

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